Nou pran’y oben yo ban nou’y ? Réflexion sur le rôle des différents acteurs dans les dynamiques anti-esclavagistes

A qui doit-on l’abolition de l’esclavage trans-atlantique ? Pour sortir de l’impasse quant à savoir qui a eu le rôle principal, entre d’un côté les révoltes afros et de l’autre l’abolitionnisme européen, je propose de distinguer la dynamique anti-esclavagiste menée par les Africains et Afrodescendants, de la version d’abolition instaurée en 1848. Précisément pour mener une critique robuste de cette abolition-là, en restant par ailleurs plus proche des faits et de la réalité d’une pluralité des acteurs engagés dans le processus anti-esclavagiste.

En quoi le panafricanisme pourrait-il nous concerner, nous les « Antillais »? 

L’objectif de ce texte est de de présenter un type d’engagement caribéen dans le panafricanisme qui, contrairement à ce que voudraient certaines caricatures, n’a rien d’une posture identitaire passéiste fantasmant une Afrique ancestrale perdue. Au contraire, il s’agit d’une position politique proposant, à partir d’une analyse de la situation néocoloniale présente, une solution d’avenir.

L’esclavage atlantique et son abolition : plus qu’un simple enjeu de mémoire, un enjeu contemporain de luttes

Commémorer l’abolition de l’esclavage atlantique pratiqué par les Européens ne devrait pas consister à porter un regard sur un passé qui serait définitivement enterré, mais plutôt à se confronter avec lucidité aux racines historiques des combats que nous avons à mener à l’heure actuelle: les luttes pour les réparations et contre le néocolonialisme.