Les gays, le vote FN et quelques raccourcis préjudiciables dans la lutte contre l’homonationalisme

Il est intéressant de voir comment le résultat d’une enquête réalisée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris (Cevipof) sur les couples mariés et leur vote, annonçant que 38% des couples gays masculins mariés  (tous les mots sont importants ici) ont voté FN aux régionales de 2015, se transforme, aussi bien dans la presse, que chez les militants, en :

 38 % des couples gays ont voté FN aux régionales (du coup on ne parle plus des couples mariés, mais des couples en général)

 38% des gays ont voté FN aux régionales (là ce n’est même plus les gays en couple, mais ça devient les gays en soi)

 38% des gays votent FN (l’usage du présent de l’indicatif insinue donc ici qu’il ne s’agit pas juste des régionales, mais d’une tendance générale, donc présidentielles incluses. Pourquoi pas, c’est fort possible, mais autant le vérifier au moyen d’enquêtes approfondies, abouties, pour pouvoir ensuite le répéter)

 et surtout, le meilleur pour la fin, 38% des LGBT ont voté FN aux régionales /votent FN (donc là, les femmes non hétérosexuelles, les bi, et surtout les pauvres trans qui n’ont droit quasiment à rien se retrouvent embarqué.e.s dans cette histoire).

Comme déjà indiqué, on retrouve ces glissements et autres raccourcis dans la presse : il y a plusieurs exemples, comme avec ce titre de l’Express que j’ai mis en photo pour cet article, dont les biais sont ici de mettre une photo d’un couple d’hommes ET d’un couple de femmes, et de parler d’une préférence des couples mariés gays pour l’extrême droite, alors que 38% tout en étant beaucoup, c’est moins que 50%, et donc la moitié. Ce qui signifie que les couples gays mariés qui ont voté n’ont pas en soi préféré l’extrême droite… Mais le choix de cette tournure est sûrement dû au besoin de titres sensationnels… Le problème, c’est qu’on retrouve aussi les dits glissements et raccourcis dans les discours de militants désirant à juste titre combattre l’homonationalisme à l’échelle de la France, ainsi que sa dimension internationale impérialiste. Mais revenons à l’info de départ : on parle d’une enquête sur les couples gays mariés, masculins, et qui plus est ceux qui sont allés voter (parce que bien sûr, c’est le truc qui s’oublie toujours quand on donne des résultats d’un vote par groupe social, on parle des gens qui sont allés voter, on ne parle pas de tel groupe social en soi). Du coup la population dont il est question dans l’enquête est quand même définie de façon très précise : des hommes cisgenres (donc ni des femmes cisgenres, ni des trans, hommes ou femmes), qui sont en couple, qui sont mariés, et j’insiste, qui se sont déplacés pour voter, qui plus est aux régionales (donc avec des taux de participation historiquement plus faibles que ceux des présidentielles).

Bien sûr, même sur cette population très précise, il y a des choses à tirer en terme d’analyse politique, puisque le racisme dans les milieux politiques et de sociabilité gay n’est plus à prouver et que l’homonationalisme est une tendance de fond bien enracinée, mesurable, qui marche, qui s’accentue et qui ne se limite pas au vote FN : le racisme de gauche est à l’avant garde de l’homonationalisme et du fémonationalisme, et c’est même lui qui lui fait gagner en respectabilité. Par contre, ce serait bien d’avoir une étude sur le temps long pour savoir s’il y a un phénomène de droitisation, ou s’il n’y a pas toujours eu un vote FN d’hommes gays – pas mariés du coup ; de la même façon qu’il y a toujours eu un certain vote ouvrier FN, ou femmes FN etc qui progresse peut-être mais qui n’est pas « nouveau ».

Hélas, à ce stade de la réflexion, je suis obligé de préciser que revenir sur ces glissements ne signifie pas nier l’homonationalisme. C’est triste d’avoir à le préciser, mais j’ai remarqué que dès qu’on s’en prend à certaines critiques de l’homonationalisme, on aura beau avoir écrit soi-même contre ce problème ou le fémonationalisme de façon claire, ou écrit des tonnes de fois sur le racisme en général, d’une façon qui ne devrait pas laisser de doutes sur où on se situe politiquement, on est quand même suspecté de minimiser le phénomène voire d’être carrément homonationalistes. Il est vrai que beaucoup prennent un malin plaisir à chercher toutes les approximations des critiques de l’homonationalisme ou du racisme en général pour minimiser ou carrément nier les réalités dont il est question. Mais me semble-t-il,  la malhonnêteté de ces postures relèvent de l’évidence. Autrement dit, il ne devrait pas être très dur de voir la différence entre ces stratagèmes-là, et une critique de militants démontrant chaque jour leur antiracisme mais qui s’attaquent aux biais de certaines argumentations en particulier, tout en s’inscrivant eux-mêmes dans la critique générale du problème dont il est question. Face à la gravité de la situation, il est possible d’entendre qu’il y a d’autres priorités que de pinailler sur de supposés détails. Toujours est-il l’accumulation d’imprécisions, de raccourcis, sur un sujet aussi brûlant ne promet rien de bon et finira par ne plus relever du « détail », mais va peser lourd sur la façon dont on pense cette modalité spécifique du racisme et de l’impérialisme. Il y a tellement de faits qui prouvent l’homonationalisme : nous n’avons pas besoin des raccourcis.

En fait, tout ça, c’est le résultat d’un dogmatisme où il suffit juste d’être du bon côté, et il n’y en a que deux : critiquer l’homonationalisme (quelque soit la façon) VS être homonationaliste. Et bien non, ce n’est pas parce qu’on se situe du bon côté, c’est à dire du côté de la dénonciation de ce phénomène, qu’on peut dire tout ce qu’on veut, sans aucune responsabilité politiquement parlant.  Pour ma part, et comme pour le fémonationalisme, je défends l’idée qu’il y a toutes sortes de critiques possibles de l’homonationalisme et, surtout, que toutes ces critiques ne se valent pas, que toutes n’ont pas les meilleures grilles de lecture politique, et surtout toutes n’ont pas le même horizon émancipateur, ou le même soucis d’affirmer de façon claire leur dimension émancipatrice. Donc ça veut dire qu’il y a deux terrains d’affrontements idéologiques. Un terrain principal entre les anti homonationalistes et le pouvoir ainsi que ses relais militants homonationalistes  mais aussi entre anti homonationalistes eux-mêmes sur les définitions du phénomène, les critiques à émettre, et les réponses politiques à y apporter.

Le mot de la fin : je pense que l’homonationalisme et l’impérialisme qui y est lié sont assez graves pour se battre pour que ce soient les critiques les plus pertinentes, les moins approximatives, les moins biaisées, les moins intentionnellement réac ou alors  les moins irresponsables, instrumentalisables, récupérables (même lorsque l’intention n’est pas du tout réac),  qui dominent le débat. Et j’insiste, c’est un peu triste d’avoir à le justifier dans des milieux se revendiquant de l’émancipation.


ps : Un camarade m’apporte en plus la précision suivante : « Qui plus est quand on regarde l’enquête d’où est tiré ce chiffre il y a un truc étrange : l’échantillon de couples d’hommes gays mariés représente une proportion bien supérieure de l’échantillon total que la proportion nombre d’hommes gays mariés dans la population. » Cela signifierait que peut-être au-delà d’une critique de l’interprétation des résultats de l’enquête, il faudrait peut-être nuancer les résultats eux-mêmes. Pourquoi pas. Toujours est-il je pense que même si les résultats sont bétons, 100% vrai, il faut une critique de la façon dont les chiffres sont interprétés à la va-vite, occasionnent nombre de raccourcis, et surtout, comment se positionner contre l’homonationalisme ne rend pas automatiquement pertinent : je répète, il faut se battre pour des critiques rigoureuses et émancipatrices de ce phénomène.

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Le fémonationalisme sous l’ère Macron : d’effrayantes perspectives sécuritaires et racistes au nom de la cause des femmes

Mercredi 17 mai 2017, dans l’émission spéciale de Nicolas Poincaré sur Europe Soir traitant de la nomination des nouveaux ministres du gouvernement, était invitée à s’exprimer Marlène Schiappa1. Cette dernière n’est autre que la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Assurant que l’égalité hommes-femmes serait une « grand cause nationale du quinquennat d’Emmanuel Macron », Marlène Schiappa a fait part de quelques-unes des tâches qu’elle souhaite accomplir.

Outre une grande campagne de communication antisexiste et l’instauration d’un congé maternité unique, indépendamment du statut des femmes (salariées, entrepreneuses, etc), la nouvelle Secrétaire d’Etat a annoncé une mesure qui a de quoi inquiéter : l’instauration de policiers habilités à verbaliser les insultes sexistes dans l’espace public, s’inscrivant dans le projet plus large du nouveau Président d’introduire « 10 000 policiers de proximité ».

Avant même de songer à la verbalisation des insultes sexistes, cette déclaration a de quoi faire frémir tous ceux qui sont conscients que le renforcement des dispositifs policiers est annonciateur de plus de violences policières, et donc aussi de crimes policiers, en particulier contre les hommes arabes et noirs vivant dans les quartiers populaires. Car en effet, ce n’est certainement pas dans le 16e arrondissement parisien que les effectifs policiers seront gonflés. De plus, les contrôles au faciès étant déjà largement prouvés, ce ne sont certainement pas tous les hommes qui seront concernés par cette accentuation de l’activité policière.

« Et c’est parce que cette police est raciste et qu’elle vise les hommes de nos communautés que la population française majoritaire continue de la soutenir. Le racisme est donc ce qui permet de garantir l’impunité policière. Si demain la police allait défoncer les os des hommes blancs et de ceux de la classe moyenne, de moins en moins de gens la défendrait. »2

Et concernant précisément cette ambition de verbaliser les insultes sexistes – et donc plus largement le harcèlement sexiste – dans l’espace public, j’aimerais reprendre une analyse faite ultérieurement sur ce blog concernant les conditions de possibilité d’exercice du sexisme par les hommes en fonction de leur position de race/classe. Il devient évident, si on partage la grille de lecture qui va suivre, que ce projet sera directement tourné contre les hommes non blancs des quartiers populaires, et donc par extension contre les communautés non blanches, puisque cela aura aussi une incidence sur les femmes de ces groupes sociaux :

« […] ce qui change ce n’est pas la nature du sexisme, mais au moins deux choses : les conditions de possibilité d’exercice du sexisme et les perceptions/réactions des actes sexistes, variables dans les deux cas selon la position des hommes dont il est question. […] Un homme dominant a du pouvoir aussi bien sur son épouse, ses éventuelles soeurs, que sur d’autres femmes : celles qui lui sont subordonnées au travail, voire celles qu’il emploie si c’est lui le patron, celles à qui il enseigne s’il est prof, celles qu’il peut payer dans le cadre de la prostitution bien moins stigmatisée que celle de rue car pratiquée dans les beaux hôtels, celles qui sont peut-être mêmes employées chez lui (domestiques, nounous etc). Il sera moins enclin au harcèlement de rue qu’à celui qu’il peut effectuer dans tous les espaces où il a du pouvoir. Lorsque cet homme dominant harcèle/frappe/viole des femmes, cela peut être dans le cadre de toutes ces relations. Autrement dit, pas besoin de  « concentrer » cette violence sur son épouse, elle peut se déployer à souhait dans bon nombre de situations.

Un homme pauvre et/ou non blanc en revanche a surtout du pouvoir sur les femmes qu’il fréquente dans l’intimité (épouse, conjointe, sœurs), parce qu’il n’est le patron ou le supérieur de personne, que s’il a recours à la prostitution ce sera celle de rue où bien sûr il peut exercer une violence mais bien plus stigmatisée et criminalisable, et parce qu’enfin, il n’a évidemment aucune femme qui est employée chez lui. Dans ce contexte, l’essentiel de l’exercice du pouvoir masculin sera surtout sur les femmes à qui il est lié par le sang, le couple, ou à celle dans la rue (harcèlement de rue, prostituées).

Pensez-vous donc que la différence entre ces deux hommes relève d’un sexisme de nature différente dans chaque cas, ou s’explique comme je l’avance par des conditions de possibilité de l’exercer qui dépendent de leur pouvoir social respectif ? Pensez-vous que l’homme dominé exerce une violence surtout dans l’intimité et dans la rue, pour se « venger » de ses frustrations d’exploités et d’opprimés par le racisme, ou simplement parce que ce sont les seuls lieux où il peut l’exercer, contrairement à l’homme dominant qui peut la déployer dans tellement plus de contextes ? […] L’hypervisibilité du sexisme des hommes non blancs est à mettre en perspective avec l’invisibilité du sexisme des dominants.[…] à l’invisibilité du sexisme des hommes dominants, il faut rajouter l’impunité lorsque celui-ci est dévoilé au grand jour. Impunité qui n’existe pas pour l’homme dominé. Il ne s’agit évidemment pas de plaider pour une impunité pour tous les hommes, mais d’exiger une justice pour toutes les femmes, et pas un semblant de justice et de condamnation que lorsqu’elles agressées par des prolétaires et/ou des racisés. »3

Ce qu’il faut retenir de ce long extrait pour le cas qui nous occupe ici, c’est notamment la question de l’espace public : les hommes dominants n’occupent pas l’espace public de la même façon que les hommes dominés, ils ne fréquentent d’ailleurs globalement pas les mêmes lieux et ceux qu’ils fréquentent ne sont pas sous contrôle policier permanent comme le sont les quartiers populaires. Autrement dit, on a non seulement tendance à moins les voir, mais ils sont moins criminalisés, alors que les hommes dominés sont surexposés (ils sont notamment bien plus souvent au chômage, ils occupent plus souvent des métiers extérieurs comme dans le bâtiment etc) et c’est sur eux que se concentre l’activité policière. Un renforcement des effectifs policiers, avec certains d’entre eux qui seront habilités à verbaliser les violences sexistes dans l’espace public (et pas à la fac, pas à l’Assemblée nationale, pas dans un ministère, pas dans les cabinets d’avocats, pas dans les bureaux des conseils d’administration des entreprises, etc.), c’est donc le nom de code pour : renforcement du contrôle et de la criminalisation des hommes non blancs, et en particulier ceux des quartiers populaires. Il n’y a aucun doute à avoir là-dessus. 

Pour poursuivre l’analyse de l’extrait cité, qu’importe qu’un homme non blanc prolétaire analyse ses comportements sexistes par le prisme de ses frustrations, au vu de tout ce qu’il se mange comme violences de l’Etat raciste, nos analyses doivent se concentrer non pas sur sa subjectivité d’opprimé et d’exploité, mais sur les places que lui assigne le système. L’explication par la frustration n’est qu’une rationnalisation discursive de quelque chose qui renvoie à la condition systémique. De la même façon que les femmes, notamment celles qui n’ont pas les possibilités d’échapper à leur condition, rationnalisent leur situation (« m’occuper du ménage et rester à la maison ne me dérange pas, j’ai toujours aimé m’occuper des tâches ménagères » etc), parce que lorsqu’on n’a pas d’autres options, il faut bien vivre et se construire des justifications4, les hommes dominés (et leur entourage) rationnalisent aussi par le discours les contradictions de leur position d’opprimés-exploités pouvant à l’intérieur du foyer opprimer à leur tour. On peut donc comprendre le recours à cette explication dans la vie de tous les jours, mais une analyse politique a le devoir d’aller plus loin.

La nouvelle secrétaire d’Etat affirme que son projet s’explique notamment par le fait que la majorité des femmes ne veut pas porter plainte après des agressions sexuelles ou insultes sexistes, ce qui est une réalité5. Voilà pourquoi il est tragique que ce qui est un fait indéniable, à politiser avec les bonnes grilles de lecture, soit utilisé pour légitimer une entreprise sécuritaire dont l’application sera à coups sûrs raciste. Pour ne rien arranger comme toujours, dans les discours qui font face à ce féminisme d’Etat raciste, on peut malheureusement lire ou entendre que si les femmes ne portent pas plaintes, notamment celles des classes dominées socialement et racialement, ce serait par esprit de sacrifice. Or, là encore l’analyse politique demande de prendre du recul : les faibles dépôts de plainte s’expliquent parce que l’institution policière les refuse, tourne en dérision les agressions sexistes/sexuelles et fait vivre un calvaire à beaucoup des plaignantes6. Si justement on veut réellement penser l’Etat, et se confronter à lui, c’est cela qu’il faut mettre en cause, et non pas un supposé « esprit de sacrifice » ou de « solidarité » des femmes dominées avec les hommes dominés: la police est une institution d’Etat et c’est son fonctionnement qui décourage le dépôt de plainte. Il ne faut donc faire preuve d’aucune espèce de sympathie pour les analyses qui en viennent au final à détourner l’attention sur la dimension institutionnelle et étatique de la non possibilité de plaintes par les femmes dominées. L’idée de « sacrifice » et de « solidarité » est peut-être attrayante, mais elle ne fait que reprendre une fois de plus les modes de rationnalisation par le discours de quelque chose qui renvoie à une condition dans laquelle les individues sont prisonnières, et qui est le véritable problème. Et je ne pense pas qu’on combat la racialisation des questions de genre et sexualité, et que l’on se confronte à l’Etat en restant au niveau de la subjectivation par les opprimés, hommes comme femmes, de leur condition. Que l’on se comprenne bien, je ne crois pas en la police comme solution aux violences sexistes, mais s’il faut analyser la question des femmes, notamment opprimées racialement et exploitées, et du dépôt de plaintes, c’est la perspective que je défens. Pas pour espérer que la police « fasse mieux son travail », mais pour prouver une fois de plus à quelle point elle n’a pas la fonction de protéger les femmes.

C’est d’ailleurs, un de ces nombreux paradoxes montrant comment fémonationalisme et hétérosexisme fonctionnent main dans la main : des policiers seront habilités à verbaliser des insultes sexistes, alors même que le fonctionnement de leur institution décourage le dépôt de plaintes pour agressions sexuelles (et donc que très peu de viols sont jugés), et que les insultes sexistes, homophobes et les violences à caractères sexuelles sont une des modalités récurrentes de l’expression de la brutalité policière7.

Nous avons pu voir les féministes institutionnelles d’Osez Le Féminisme regretter sur les réseaux sociaux que contrairement à ses promesses de campagne, Emmanuel Macron n’ait pas créé un Ministère des droits des femmes, plein et entier, mais simplement un Secrétariat d’Etat. Depuis notre perspective en revanche, nous pouvons quelque part en être rassurés, vu ce qui nous attend déjà avec ce secrétariat d’Etat.

***

Ces perspectives effrayantes rappellent évidemment l’importance de lutter contre le fémonationalisme en particulier et le racisme en général. L’importance de tracer une frontière claire, aussi bien idéologiquement que politiquement, entre le féminisme qui se rendra complice de cette mesure et des conséquences qu’elle induira inévitablement, et celui qui aura le devoir de s’y opposer frontalement sans tergiverser. Mais cela rappelle aussi l’urgence de tracer une autre frontière : cette fois entre les analyses émancipatrices et celles réactionnaires du fémonationalisme à une époque de confusions sur lesquelles prospèrent un large éventail de populistes, et où parfois la différence entre des critiques émancipatrices et réactionnaires n’est pas toujours claire, même dans les camps se revendiquant de l’émancipation. Dans un tel contexte, la réapparition sur la scène politique d’un personnage tel que Dieudonné, qui y verra sans doute une aubaine, ne laisse rien présager de bon quant aux types de critiques qui vont fleurir contre ce projet sécuritaire et raciste qui se pare des habits de la lutte antisexiste.

Il faudra donc se faire entendre et s’organiser non seulement contre ce projet d’Etat, mais aussi clarifier, pour l’imposer, ce que peut être une approche politique émancipatrice de la lutte contre le fémonationalisme et l’Etat policier8.

Mise à jour : 19/05/2017


2«Contre les violences policières : justice pour nos frères, justice pour nos communautés, justice pour nous-mêmes » 

https://qtresistance.wordpress.com/2017/02/14/contre-les-violences-policieres-justice-pour-nos-freres-justice-pour-nos-communautes-justice-pour-nous-memes/

3Combattre la racialisation des questions de genre et de sexualité à la racine https://joaogabriell.com/2016/11/18/combattre-la-racialisation-des-questions-de-genre-et-de-sexualite-a-la-racine/

4Voilà pourquoi les discours individualistes et libéraux sur l’émancipation sont particulièrement violents, puisqu’ils supposent que tout le monde a accès aux mêmes possibilités d’échapper à sa condition, ce qui est bien loin d’être le cas.

6« J’ai porté plainte pour viol : pour les flics, c’était moi la coupable » https://www.streetpress.com/sujet/1488551838-plainte-viol-torture

– Lire également les témoignages et analyses sur le sujet sur la page Facebook « Paye ta policee » https://www.facebook.com/payetapolice/?fref=ts

7Nous pensons ici aux exemples récents tels que le viol de Théo Luhaka et les mises en lumières d’autres agressions sexuelles que la médiatisation de cette affaire a permis de mettre en lumière.

D’autres exemples illustrent également la dimension sexuelle des violences policières :

http://www.sudouest.fr/2017/05/13/video-un-etudiant-affirme-avoir-ete-agresse-par-deux-policiers-dans-le-val-d-oise-3443818-4697.php

https://www.streetpress.com/sujet/1495039540-commissariat-policier-eclate-gueule-pute

https://www.streetpress.com/sujet/1469120055-policiers-homophobes-place-republique

8Vous pouvez écouter ici la table ronde contre l’Etat policier organisée par la revue AssiégéEs le 8 avril dernier https://qtresistance.wordpress.com/2017/04/11/audio-table-ronde-sur-la-lutte-contre-letat-policier-samedi-8-avril-2017-itmtc2017/

Et si on arrêtait de saccager l’idée de « colère légitime des oppriméEs » ?

Edit : un usage réactionnaire de ce texte peut être fait par des blancs et/ou bourgeois adeptes de la théorie de la « victimisation » ou tout simplement souhaitant disqualifier la violence en retour que leur ont renvoyé ceux qu’ils dominent socialement. Mais, ici il est question d’une critique intra communautaire sur la violence et l’agressivité entre non blancs et/ou entre prolos. Ce n’est pas un hasard si je parle de « même condition ». Et dans ce très long texte, j’explique en partie que pour moi la « condition » c’est la race et la classe qui la fonde, pas le genre et la sexualité, quand moi j’écris. 

Mars 2016

Se rendre compte de la légitimité d’être en colère quand on est oppriméE, exploitéE, contient quelque chose de libérateur. C’est avoir la possibilité de dire non, avec les moyens dont on dispose, contre des mécanismes qui nous écrasent.

Mais une fois qu’on a dit ceci, force est de constater que cette idée de « colère légitime des oppriméEs » subit, comme bien d’autres choses, une forme de « dénaturation »  qui l’éloigne des objectifs émancipateurs qu’elle recouvrait à l’origine.

En effet, n’est-ce pas surtout d’une colère collective dont il est question au départ ?

Certains groupes sociaux sont économiquement en bas de l’échelle, exclus des grands médias, exclus des cercles de pouvoir où seuls quelques éluEs parmi eux peuvent entrer, souvent en plus pour travailler contre leurs intérêts. Dans ce contexte d’écrasement collectifs, une colère commune se construit et se manifeste épisodiquement par des formes de l’action sociale réprouvées par les groupes dominants : les grèves et les révoltes en sont l’exemple, particulièrement quand elles émanent de ceux qu’on se plaît à décrire comme « dépolitisés » ou à l’inverse, comme politisés mais uniquement de façon réactionnaire (sexistes, homophobes, antisémites, sans oublier l’accusation loufoque de « racisme anti-blancs »)1 : il s’agit évidemment des habitants des quartiers populaires, et plus précisément ceux qui sont non blancs.

Une disqualification aussi puissante de tout ce qui fait bouger ces groupes sociaux dominés conduit assez logiquement à des discours de valorisation de la colère qui amène à se soulever. Il est donc question d’une légitimité à refuser la passivité devant la domination. Si effectivement cette domination ne se vit pas seulement collectivement, mais également individuellement dans les relations du quotidien, je trouve de plus en plus craignos que l’idée de la « légitime colère des oppriméEs » tende parfois à être réduite – le mot important est « réduite » – dans le sens le plus individualiste possible.

Pire encore, on utilise cet argument dans des conversations entre personnes appartenant aux mêmes groupes opprimés, ce qui est absurde, vous en conviendrez. En quoi s’agit-il de « colère des oppriméEs », ce qui sous-entend qu’elle se positionne contre des oppresseurs, s’il s’agit de la déverser sur d’autres « oppriméEs », toutes choses égales par ailleurs, c’est à dire vivant des conditions similaires, faisant face aux mêmes types de violences  de race et/ou de classe, et donc pouvant aussi potentiellement revendiquer la même colère  ?

Ce n’est pas parce que certains groupes sont racialement et socialement plus suspectés d’être en colère et agressifs « pour rien », que cela légitime toutes les colères, et toutes les agressivités, particulièrement envers ceux qui sont sujets aux mêmes stéréotypes…L’absurdité du fait d’écraser de sa colère ceux qui sont de la même condition que soi (voire même de condition inférieure) révèle au final une certaine malhonnêteté. Au fond, disons-le, c’est parfois donner un vernis « politique » à des comportements individuels pourris. Et puis, qu’est-ce que « l’empowerment » (prise de pouvoir) si cela consiste à écraser ceux comme soi, ou plus faibles socialement que soi ?

Oui, un opprimé peut être agressif, et non ce n’est pas toujours légitime. Vous imaginez bien qu’on ne peut pas faire la liste détaillée des fois où ça le serait des fois où ça ne le serait pas. Mais on peut quand même déjà partir sur l’idée qu’il faut admettre que ça ne l’est pas toujours. Et si je dis toutes ces choses, c’est moins pour « faire la morale » et inviter à ce que l’on se « comporte mieux », moi compris, dans nos relations inter-individuelles – même si c’est pour bonne partie souhaitable, mais c’est un autre sujet – que pour rappeler la dimension éminemment collective qu’implique l’idée d’une colère qui serait politique.

Qui dit « politique », dit transformation d’un rapport de force, et affrontements entre groupes, et donc entre des formes différentes de collectifs : l’Etat, ou la police par exemple, comme force collective servant les intérêts des dominantEs, et contre laquelle se soulève une autre force collective, cette fois un contre-pouvoir, représenté par des orgas et mouvements. Et vous voyez bien qu’ici « collectif » doit être défini à partir de critères sociologiques, institutionnels, le plus solides possibles, mais certainement pas par le simple fait « d’être plusieurs et de penser pareil ». Parce que ça, c’est juste un clan…

Donc si quand on parle de colère légitime, on entend en réalité « légitimité d’exprimer ses colères personnelles » – même lorsqu’elles renvoient à quelque chose de plus large que soi – ou  « légitimité pour un clan qui s’auto-proclame représentant légitime de tel groupe social de clasher autrui », je pense qu’on n’est pas obligéEs de rendre prisonnière l’idée de « colère légitime des oppriméEs » qui elle, renvoie au politique, dans une démarche collectivement émancipatrice. Autrement dit, on a le droit d’être vénère, mais pas forcément de mobiliser un argument politique pour le justifier.

Il n’est ni possible, ni souhaitable de tout politiser. Et encore moins de détourner une idée émancipatrice collective en passe droit individuel (ou clanique).

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1On notera que le fait d’associer de plus en plus l’idée de « racisme anti blancs » à des oppressions réelles comme l’antisémitisme, l’homophobie et le sexisme, contribue à brouiller les pistes : d’un côté c’est une manière pour le pouvoir blanc de s’approprier ces combats (même si au fond la vie réelle des juifs, des homos ou des femmes ne l’intéresse absolument pas), et d’un autre côté il s’agit par cette association de faire rentrer le racisme anti blancs dans la catégorie d’oppression comme une autre…

Serrage de main pour tous ou comment fabriquer l’ennemi intérieur

Ceci devait être un post facebook sur les polémiques concernant Idriss Sihamedi, le président de BarakaCity passé dans l’émission Le Supplément. Puis, le propos prenant considérablement du volume, j’ai décidé de le publier ici.


 

A part l’irrationalité de l’idéologie raciste – servant toutefois des projets de domination économique et politique bien rationnels – il n’y a absolument rien qui explique qu’on en ait quelque chose à faire qu’un type serre la main ou pas à des femmes. C’est à dire quelque chose qui ne change absolument pas le cours de la vie des autres. Qui peut, au pire, agacer celles qui veulent absolument lui serrer la main (nous y reviendrons en fin d’article), mais rien de criminel, car qu’on me reprenne si j’ai tort, le fait d’agacer ne tombe pas encore sous le coup de la loi. Surtout que des femmes de son courant religieux refusent aussi de serrer la main aux hommes. Et puis, surtout, lorsqu’il est invité pour parler de la vie d’un membre de son ONG emprisonné au Bangladesh et très vraisemblablement en danger. Bah ouais, la priorité, ça devrait être Moussa Tchatchuing, mais passons.

Sommes-nous descendus si bas à force de matraquages idéologiques racistes, sous fond de « choc des civilisations », qu’on en arrive à devoir rappeler que se serrer la main ou se faire la bise n’a rien d’universel ? Cela constituera-t-il bientôt une marque de civilisation ou d’arriération ? Ben allez-y traitez d’arriérés tous les peuples, ou certains groupes dans des peuples, qui ont des approches très genrées dans leurs gestes de salutations ou autres.

Faisons un petit détour, voulez-vous. Cela pourra vous semblez étrange au départ, mais vous finirez par comprendre où je veux en venir : chez moi, en Guadeloupe, lorsque les gens se connaissent, les mecs ne se font pas la bise, ils se serrent la main et font la bise aux filles, et les filles se font la bise entre elles (se faire la bises entre gars = « pédé »). Y a-t-il un problème du coup pour vous ? Ah non, là ça vous va, parce que ça ressemble un peu à ce que vous connaissez, donc dès que vous vous reconnaissez, que vous vous voyez un peu dans les Autres, ça passe même si ces Autres marquent aussi une très nette démarcation de genre, avec un petit fond hétérocentré voire homophobe, mais bon au moins ça se touche. Si c’est pas la bise, lorsque les gens ne se connaissent pas, au moins il y a le serrage de main. Saluer = se toucher désormais. Donc ouf, ça rentre dans le cadre des comportements civilisés. Mais c’est surtout que comme nous, antillais, ne sommes pas vos ennemis principaux du moment, du coup pas besoin de nous chercher constamment la petite bête. C’est pour cela qu’en lisant ces quelques lignes, beaucoup d’entre vous doivent bondir : « mais ça n’a rien à voir! ». Ben oui, ça n’a rien à voir, car pour l’heure, encore une fois, nous ne sommes pas ceux qui vous obsèdent. C’est la seule et unique différence. La seule qui compte et qui fait que des façons de se saluer passent de normes relationnelles plutôt sans conséquences à attentat contre les valeurs de la République. 

Mais qui sait, si l’Antillais devient l’ennemi du moment dans 20 ans – mettons si on se décide à exproprier les békés par exemple – la propagande qui va être construite sur nous va forcément, comme pour les musulmans, trouver les moindres détails pour dire qu’on est trop des sauvages et que c’est normal qu’on veuille continuer à nous dominer parce que si on se libère des békés, de la France, ce sera pour installer une dictature, pas la démocratie. On fera des gros plans sur des images où des indépendantistes sont énervés, histoire de faire peur et de dire qu’ils son des barbares qui n’augurent rien de bon. Puis forcément, les femmes seront en danger (on prendra par exemple les chansons misogynes de dance hall, le nombre familles monoparentales sans père, ou des cas particulièrement violents de violence conjugale pour dire « mon Dieu si on laisse les femmes de Guadeloupe à ces hommes là, que deviendront-elles ? la colonisation doit continuer! »), puis les homos aussi seront utilisés (même principe, on parlera des chansons homophobes, de telle agression violente, de l’absence totale de visibilité gay occidentale, c’est à dire de bar gay, de quartiers ouvertement gay, de mecs se tenant la main publiquement etc ), puis on verra que beaucoup d’anticolonialistes ne sont plus chrétiens, mais dans les spiritualités africaines donc on dira sorcellerie, magie noire, danger pour les enfants etc, on prendra les communiqués de l’UGTG ou de Rebelle qui condamnent l’impérialisme en disant  « ils soutiennent les djihadistes » etc etc.

Je ne suis pas naïf hein, je sais qu’on pense déjà que nous sommes des sauvages, mais ce n’est pas notre supposée sauvagerie à nous antillais qui obsède en ce moment – un peu de répit pour notre peuple né de l’attentat colonial, de la déportation, de 400 ans d’esclavage et d’atrocités non stop – du coup nous sommes des sauvages gentils, exotisés, vu de France. Mais dès qu’on fait une grève de ouf style LKP, qu’on se rebelle – parce que bien que n’étant pas au centre de toutes les obsessions racistes,  on reste sur exploités et vachement dans la merde économiquement – le ton change à notre sujet et là nous devenons sauvages version méchants, fainéants enragés, racistes anti blancs etc. En clair : les préjugés (positifs ou négatifs) sur un groupe donné dépendent vraiment de l’intérêt que le pouvoir a à calmer le jeu ou à diaboliser.

Et du coup, fin du détour, revenons à notre affaire initiale, voici ce qu’il me semble urgent de comprendre et c’est le coeur de cet article : dans chaque culture, chaque société, il y a toujours des éléments – réels ou déformés- qui peuvent être utilisés pour diaboliser, pour projeter l’image d’une altérité absolue, lorsque celui qui domine y a intérêt.

Diaboliser, ce n’est pas juste par plaisir sadique, c’est pour légitimer des choses violentes : le moyen orient est détruit par les occupations, guerres occidentales, et maintenant le djihadisme qui en est un produit ? « on s’en fout ces gens-là ne serrent pas la main aux femmes, ils sont ultra sexistes, homophobes, pas de bar gay etc », pensera intérieurement – ou pas  – celui qui aura été entraîné pendant des années de propagandes à altériser les populations concernées. Et évidemment, l’efficacité d’une propagande c’est qu’elle se présente comme une évidence, et pas comme un acte fondamentalement politique consistant à imposer une lecture de la réalité. En effet, construire une altérité absolue a pour principe d’empêcher toute possibilité d’empathie pour la souffrance des peuples du Sud dominés par l’impérialisme occidental, ou subissant le racisme dans un pays occidental, et surtout, d’empêcher toute compréhension, légitimation, de leurs révoltes sur le fond, même quand on peut avoir X désaccord avec la forme.

C’est une erreur de croire que ces polémiques actuelles ont quelque chose à voir avec les moeurs, l’égalité hommes/femmes, etc, et c’est donc une erreur de répondre sur ce terrain-là. Nous atteignons en plus le comble de l’hypocrisie sur cette affaire, dans la mesure où, j’en suis absolument convaincu, aucune des personnes, hommes ou femmes, qui s’indignent des normes de salutations de Idriss Sihamedi n’auraient en réalité voulu lui serrer la main, vu le barbu qu’il est et ce que ça déclenche comme imaginaire dans le contexte qui est le nôtre.

La vérité, c’est que c’est sûrement lui qui se serait pris un vent s’il venait serrer la main à Fourest, Vallaud-Belkacem ou autre,  qui auraient pu lui balancer quelque chose comme « je ne touche pas d’islamiste, moi! ». Qu’on arrête donc de nous prendre pour des idiots.

Pour finir, rappelons-le, cette focalisation sur Idriss Sihamedi illustre également l’absence totale d’intérêt pour la vie de Moussa Tchatchuing. Celle-ci n’a pas de valeur au préalable. La valeur, elle ne peut l’acquérir que si l’ONG pour laquelle il travaille est jugée irréprochable, et surtout, semblable aux attentes des occidentaux blancs qui ont besoin de se voir dans tout ce qui est produit. S’ils ne se reconnaissent pas, ce n’est pas simplement différent, c’est que c’est mauvais. Nous comprenons donc pourquoi, à tous les coups, en tant que noir musulman travaillant pour une ONG musulmane, Moussa T. ne peut être que perdant.

C’est ainsi que, malgré les conditions qui sont actuellement les siennes, une polémique outrageusement vulgaire sur des affaires de main à serrer aura pris le pas sur l’attention plus que nécessaire à lui accorder.


Source photo : « a-t-on le droit de serrer la main gauche de son interlocuteur ? » terrafemina.com. (LOL)

 

« L’Occident vu par un Africain »

Je diffuse ici un petit texte que j’ai vu circuler sur internet et qui renverse le regard : c’est celui que l’Occident a défini comme Autre, ici Africain, inférieur, barbare, pour se voir comme un Occident, civilisé, avancé, qui est cette fois en position d’obversateur, de décortiqueur de discours,  de juge même, et ça déboite! 

L’OCCIDENT VU PAR UN AFRICAIN :

Quand ils font la guerre, elle devient mondiale.
Quand ils ont une opinion, elle est internationale.
Quand ils s’expriment, ils le font au nom de la communauté internationale.
Quant à leurs valeurs, elles sont universelles.
Quand ils ont une crise, elle est mondiale.
Quand ils parlent d’eux c’est une langue.
Quand ce sont les autres c’est
forcément des dialectes.
Leurs fruits ont des noms du genre pomme, abricots, pèche. Ceux de
l’Afrique sont exotiques, sauvages.

Ils se sont installés de force en Amérique, au Canada, en Australie, en
Afrique du sud, Amérique du sud et ils nous traitent d’immigrés.
Lamentable !

Quand ils viennent chez nous ils disent qu’ils sont expatriés et quand
c’est nous qui allons chez eux ils nous traitent d’immigrés. Mesquinerie quand tu nous tiens.

Ils disent d’eux qu’ils sont en situation irrégulière dans un autre
pays. Et quand il s’agit de nous, ils disent que nous sommes des sans papiers, des clandestins.

Quand ils s’attaquent à l’occupant, ce sont des résistants.
Et quand nous on s’attaque à l’occupant, nous sommes des terroristes.

Ils sont les seuls à pouvoir se doter des bombes atomiques et bizarrement ce sont les autres qui fabriquent et utilisent des « armes de destruction massive ».

Quand ils croient en Dieu, le monde entier doit croire en Dieu. Et maintenant qu’ils n’y croient plus y croire est devenu ringard.

Quand on se met tout nu avec un cache sexe, nous sommes des sauvages.
Et quand c’est eux, ils font du naturisme.

Quand nos femmes se voilent, nous les opprimons. Quand les leurs se voilent, ce sont des saintes (sœurs).

Quand ils usent de violence on parle de noble art. Mais quand nous les terrassons, on parle alors d’acte barbare et de violence gratuite.

Quand ils nous prêtent de l’argent, ils parlent d’aide. Quand ils viennent nous piller, ils nous parlent de partenariat ou d’accord de partenariat.

Quand ce sont eux qui le font, c’est du lobbying. Quand c’est nous, c’est de la corruption, du clientélisme, du népotisme.

Ils traitent nos scarifications (marque de reconnaissance ethnique) de sauvage. Aujourd’hui ils pratiquent le tatouage à outrance et c’est devenu de l’art et une façon d’être « branché »..

Ils disent chez eux que la femme est plus libre, mais ils oublient que le corps de la femme se vend en vitrine à Amsterdam* et ailleurs et que le star système leur impose d’être squelettiques et des femmes-objet. Quel culot !!

 

Source

*dommage pour ce passage a priori moraliste, mais qui ne se comprend que si on l’analyse en réponse à la prétention occidentale à être « plus avancé » sur les droits des femmes.