Les gays, le vote FN et quelques raccourcis préjudiciables dans la lutte contre l’homonationalisme

Il est intéressant de voir comment le résultat d’une enquête réalisée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris (Cevipof) sur les couples mariés et leur vote, annonçant que 38% des couples gays masculins mariés  (tous les mots sont importants ici) ont voté FN aux régionales de 2015, se transforme, aussi bien dans la presse, que chez les militants, en :

 38 % des couples gays ont voté FN aux régionales (du coup on ne parle plus des couples mariés, mais des couples en général)

 38% des gays ont voté FN aux régionales (là ce n’est même plus les gays en couple, mais ça devient les gays en soi)

 38% des gays votent FN (l’usage du présent de l’indicatif insinue donc ici qu’il ne s’agit pas juste des régionales, mais d’une tendance générale, donc présidentielles incluses. Pourquoi pas, c’est fort possible, mais autant le vérifier au moyen d’enquêtes approfondies, abouties, pour pouvoir ensuite le répéter)

 et surtout, le meilleur pour la fin, 38% des LGBT ont voté FN aux régionales /votent FN (donc là, les femmes non hétérosexuelles, les bi, et surtout les pauvres trans qui n’ont droit quasiment à rien se retrouvent embarqué.e.s dans cette histoire).

Comme déjà indiqué, on retrouve ces glissements et autres raccourcis dans la presse : il y a plusieurs exemples, comme avec ce titre de l’Express que j’ai mis en photo pour cet article, dont les biais sont ici de mettre une photo d’un couple d’hommes ET d’un couple de femmes, et de parler d’une préférence des couples mariés gays pour l’extrême droite, alors que 38% tout en étant beaucoup, c’est moins que 50%, et donc la moitié. Ce qui signifie que les couples gays mariés qui ont voté n’ont pas en soi préféré l’extrême droite… Mais le choix de cette tournure est sûrement dû au besoin de titres sensationnels… Le problème, c’est qu’on retrouve aussi les dits glissements et raccourcis dans les discours de militants désirant à juste titre combattre l’homonationalisme à l’échelle de la France, ainsi que sa dimension internationale impérialiste. Mais revenons à l’info de départ : on parle d’une enquête sur les couples gays mariés, masculins, et qui plus est ceux qui sont allés voter (parce que bien sûr, c’est le truc qui s’oublie toujours quand on donne des résultats d’un vote par groupe social, on parle des gens qui sont allés voter, on ne parle pas de tel groupe social en soi). Du coup la population dont il est question dans l’enquête est quand même définie de façon très précise : des hommes cisgenres (donc ni des femmes cisgenres, ni des trans, hommes ou femmes), qui sont en couple, qui sont mariés, et j’insiste, qui se sont déplacés pour voter, qui plus est aux régionales (donc avec des taux de participation historiquement plus faibles que ceux des présidentielles).

Bien sûr, même sur cette population très précise, il y a des choses à tirer en terme d’analyse politique, puisque le racisme dans les milieux politiques et de sociabilité gay n’est plus à prouver et que l’homonationalisme est une tendance de fond bien enracinée, mesurable, qui marche, qui s’accentue et qui ne se limite pas au vote FN : le racisme de gauche est à l’avant garde de l’homonationalisme et du fémonationalisme, et c’est même lui qui lui fait gagner en respectabilité. Par contre, ce serait bien d’avoir une étude sur le temps long pour savoir s’il y a un phénomène de droitisation, ou s’il n’y a pas toujours eu un vote FN d’hommes gays – pas mariés du coup ; de la même façon qu’il y a toujours eu un certain vote ouvrier FN, ou femmes FN etc qui progresse peut-être mais qui n’est pas « nouveau ».

Hélas, à ce stade de la réflexion, je suis obligé de préciser que revenir sur ces glissements ne signifie pas nier l’homonationalisme. C’est triste d’avoir à le préciser, mais j’ai remarqué que dès qu’on s’en prend à certaines critiques de l’homonationalisme, on aura beau avoir écrit soi-même contre ce problème ou le fémonationalisme de façon claire, ou écrit des tonnes de fois sur le racisme en général, d’une façon qui ne devrait pas laisser de doutes sur où on se situe politiquement, on est quand même suspecté de minimiser le phénomène voire d’être carrément homonationalistes. Il est vrai que beaucoup prennent un malin plaisir à chercher toutes les approximations des critiques de l’homonationalisme ou du racisme en général pour minimiser ou carrément nier les réalités dont il est question. Mais me semble-t-il,  la malhonnêteté de ces postures relèvent de l’évidence. Autrement dit, il ne devrait pas être très dur de voir la différence entre ces stratagèmes-là, et une critique de militants démontrant chaque jour leur antiracisme mais qui s’attaquent aux biais de certaines argumentations en particulier, tout en s’inscrivant eux-mêmes dans la critique générale du problème dont il est question. Face à la gravité de la situation, il est possible d’entendre qu’il y a d’autres priorités que de pinailler sur de supposés détails. Toujours est-il l’accumulation d’imprécisions, de raccourcis, sur un sujet aussi brûlant ne promet rien de bon et finira par ne plus relever du « détail », mais va peser lourd sur la façon dont on pense cette modalité spécifique du racisme et de l’impérialisme. Il y a tellement de faits qui prouvent l’homonationalisme : nous n’avons pas besoin des raccourcis.

En fait, tout ça, c’est le résultat d’un dogmatisme où il suffit juste d’être du bon côté, et il n’y en a que deux : critiquer l’homonationalisme (quelque soit la façon) VS être homonationaliste. Et bien non, ce n’est pas parce qu’on se situe du bon côté, c’est à dire du côté de la dénonciation de ce phénomène, qu’on peut dire tout ce qu’on veut, sans aucune responsabilité politiquement parlant.  Pour ma part, et comme pour le fémonationalisme, je défends l’idée qu’il y a toutes sortes de critiques possibles de l’homonationalisme et, surtout, que toutes ces critiques ne se valent pas, que toutes n’ont pas les meilleures grilles de lecture politique, et surtout toutes n’ont pas le même horizon émancipateur, ou le même soucis d’affirmer de façon claire leur dimension émancipatrice. Donc ça veut dire qu’il y a deux terrains d’affrontements idéologiques. Un terrain principal entre les anti homonationalistes et le pouvoir ainsi que ses relais militants homonationalistes  mais aussi entre anti homonationalistes eux-mêmes sur les définitions du phénomène, les critiques à émettre, et les réponses politiques à y apporter.

Le mot de la fin : je pense que l’homonationalisme et l’impérialisme qui y est lié sont assez graves pour se battre pour que ce soient les critiques les plus pertinentes, les moins approximatives, les moins biaisées, les moins intentionnellement réac ou alors  les moins irresponsables, instrumentalisables, récupérables (même lorsque l’intention n’est pas du tout réac),  qui dominent le débat. Et j’insiste, c’est un peu triste d’avoir à le justifier dans des milieux se revendiquant de l’émancipation.


ps : Un camarade m’apporte en plus la précision suivante : « Qui plus est quand on regarde l’enquête d’où est tiré ce chiffre il y a un truc étrange : l’échantillon de couples d’hommes gays mariés représente une proportion bien supérieure de l’échantillon total que la proportion nombre d’hommes gays mariés dans la population. » Cela signifierait que peut-être au-delà d’une critique de l’interprétation des résultats de l’enquête, il faudrait peut-être nuancer les résultats eux-mêmes. Pourquoi pas. Toujours est-il je pense que même si les résultats sont bétons, 100% vrai, il faut une critique de la façon dont les chiffres sont interprétés à la va-vite, occasionnent nombre de raccourcis, et surtout, comment se positionner contre l’homonationalisme ne rend pas automatiquement pertinent : je répète, il faut se battre pour des critiques rigoureuses et émancipatrices de ce phénomène.

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Homonationalisme : distinguer ce qui relève de la posture et ce qui relève des faits

Il sera question dans cette réflexion d’aborder un des quelques biais(1) (2) français de la critique de l’homonationalisme, et non pas l’homonationalisme lui-même. Si je m’autorise à m’attarder sur la critique et non le phénomène critiqué c’est parce que j’ai de nombreuses fois pris le temps d’expliquer et de dénoncer, comme d’autres, cet homonationalisme. Ce dernier, pour le définir de façon succincte, est le dispositif hégémonique qui construit les nations occidentales comme des bastions du progressisme sexuel, le tout par opposition à un Sud global, et en particulier moyen oriental et africain, jugé particulièrement archaïque et barbare. Si ce processus s’exprime dans des variantes locales, il comporte une dimension impérialiste : c’est ainsi que des interventions militaires, ou des ingérences politiques sont justifiées par des nations occidentales au nom des « droits des homosexuels » (exemple : ingérence d’Obama à chacune de ses visites en Afrique).

Ainsi, criminaliser l’homosexualité rendrait, selon la rhétorique homonationaliste, légitime le fait de coloniser un pays, exploiter les richesses de son sol de même que sa population. Si le procédé sert des Etats et des intérêts capitalistes, des franges importantes des mouvements gay, lesbiens et de plus en plus trans y participent et refusent de questionner l’intérêt que portent des Etats impérialistes et capitalistes pour leur combat. Face à un phénomène d’une telle ampleur, dont la critique est très violemment discréditée par des accusations d’homophobie à l’emporte-pièce, sans aucune distinction, on peut comprendre qu’il paraisse nécessaire de se focaliser sur la dénonciation de ce processus et la construction d’une force politique qui s’y oppose. Toutefois, il est urgent dans nos analyses politiques de faire la différence entre la posture homonationaliste, progressiste, pro LGBT, que se donne la France, et les réalités réellement vécues par les minorités sexuelles de ce pays.

Négation ou minimisation des oppressions de genre et de sexualité en France

Il est par exemple impropre de laisser croire que la loi dite du « mariage pour tous » représente un privilège incroyable, alors que l’on sait pertinemment en tant que militants ou individus s’intéressant aux questions politiques, que les lois de principe ou accordant des droits n’ont jamais transformé en profondeur les rapports sociaux, qu’il s’agisse du racisme ou du sexisme, même si elles peuvent de manière limitée offrir quelques marges de manoeuvre. En effet, sans nier que cela ait pu apporter à des gens une certaine sécurité (notamment dans la consolidation administrative et économique de leurs familles, ce qui bien sûr n’est ni négligeable ni méprisable) la loi du mariage ne change strictement rien à la réalité de l’homophobie (et de la transphobie qui y est souvent liée), au travail, dans la rue, dans les administrations, dans l’accès au soins, à la prévention, avec la police etc. De même pour les trans cette fois, je pense qu’on peut affirmer sans craindre de se tromper, que les avancées concernant le changement d’état civil au niveau légal, ne vont pas sonner le glas de la transphobie, même si, cela peut ouvrir des possibles pour des personnes.

L’association Le Refuge a récemment déclaré avoir eu 474 demandes de placement de jeunes dits LGBT chassés de chez eux en 2015, et en 2016, alors que l’année n’est pas terminée, elle a déjà reçu 629 demandes, soit une augmentation de 32,7%. Et encore une fois, répétons-le, l’année n’est pas encore finie. On peut considérer qu’il ne s’agit pas là de la preuve d’une augmentation de jeunes chassés de chez eux, mais une augmentation des demandes auprès du Refuge, peut-être parce que l’association est de plus en plus connue. Quoiqu’il en soit, ces chiffres n’indiquent pas un recul, et c’est ce qu’il est important de montrer. Par ailleurs, loin d’avoir dit son dernier mot, l’organisation politique des blancs bourgeois réactionnaires, la Manif Pour Tous, a annoncé son retour pour le mois d’octobre. [Ajout : et n’oublions pas en particulier le collectif « Vigigender » né de la Manif Pour Tous qui arpente les écoles afin de distribuer des brochures férocement homophobes et transphobes]. Rappeler ces réalités n’affaiblit en rien, selon moi, la critique de l’homonationalisme, bien au contraire. De plus, de ma part, tous ces rappels sur le contexte homophobe (et transphobe) n’ont absolument pas vocation à minimiser la violence de la racialisation des questions sexuelles que j’ai d’ailleurs décrit assez longuement ailleurs.  La très probable élection à la présidence des Etats-Unis d’Hillary Clinton peut à cet égard constituer une accélération de ce processus, particulièrement dans sa dimension impérialiste. Et c’est bien avec tout ceci en tête que je propose ces réflexions. Il ne s’agit pas non plus pour moi de faire comme ceux qui refusent catégoriquement d’entendre que le pouvoir organise une concurrence des opprimés entre minorités sexuelles et groupes racisés (en particulier musulmans), au détriment principal de ces derniers, présentés comme les ennemis naturels des premiers. Il s’agit en revanche de questionner ce que coûte en terme d’analyses le fait de passer outre les oppressions de genre et sexualité persistantes, ou de les présenter comme « normales » en vertu du contexte actuel.

L’hostilité aux minorités de sexualité et de genre est-elle « normale » vu le contexte ?

L’homophobie et la transphobie dans ce contexte « post mariage pour tous » sont-elles des conséquences « normales » de ladite loi, cette dernière pouvant être vue comme une manœuvre politicienne du PS dans un contexte de crise ? Pour moi, il n’est pas du tout satisfaisant de se contenter de l’idée que si une situation empire pour des opprimés c’est parce que ces derniers se montrent plus,  revendiquent des droits et obtiennent certains d’entre eux (laissons de côté ici le débat sur les limites de l’égalité par le droit). Certes, c’est souvent vrai, la constitution en sujet politique de gens qui subissent une oppression dont ils pensent le caractère commun, déclenche effectivement un fort rejet social, mais serait-ce une raison pour raser les murs ? N’est-ce pas le lot de tous les opprimés que de faire face à une montée de haine quand ils osent sortir de terre et arrêtent de s’excuser d’exister, et ce, même lorsque leur combat ne fait pas l’objet d’une récupération par le pouvoir ? Faut-il considérer que c’est de la « faute » du groupe social en question s’il se prend un backlash depuis sa constitution en sujet politique ou après une avancée (qu’importe ce qu’on en pense en terme de stratégie ou de perspective politique) ? Ces raisonnements contribuent à valider l’idée selon laquelle les opprimés sont responsables de leur oppression, car s’ils évitaient de se montrer, ou de militer de telle façon, ou de s’identifier de telle façon, ça se passerait un peu mieux pour eux. Comme si le problème n’était pas l’oppression elle-même. Il n’est pas sûr que l’homophobe ou le transphobe, blanc ou non blanc, bourge, classe moyenne ou prol, fasse toujours la différence entre ce qui relève de la pratique ou de l’identité, dans sa variante occidentale moderne. Autrement, pourquoi avons-nous nous-mêmes des récits de violence de genre liés à nos comportements, à ce que les autres projetaient sur nos façons de faire, et selon eux, d’être,  parfois depuis la maternelle, le primaire, le collège, c’est à dire bien avant un quelconque sentiment d’identification aux termes  « homosexuel » , « queer », « LGBT » ?

Je n’ai pas de mal à concevoir que la loi a déclenché un regain de haine (pour des motifs différents selon les groupes sociaux, il est important de le préciser), et c’est d’ailleurs assez logique. Surtout en période de crise. Mais, se contenter de cela se révèle assez vite limité, car en effet si on parle de « regain de haine », c’est bien parce que l’homophobie existait avant la loi sur le mariage homo, et les gens – toutes classes sociales confondues, de l’homophobie de gauche à celle de droite –  n’ont pas non plus attendue ladite loi pour décréter qu’il existe un puissant lobby gay qui de manière sous-terraine cherche à prendre le pouvoir et à rendre tout le monde homosexuels. Il faut donc refuser l’idée que la croyance en un « privilège LGBT »  est uniquement ou en premier lieu la conséquence de l’obtention effective du mariage homo, dans une période où le gouvernement a choisi de privilégier les patrons et la marginalisation toujours plus grande des pauvres et des racisés. Si c’est sur des populations en particulier que les rancœurs se cristallisent, c’est bien parce qu’on estime qu’elles sont illégitimes en soi. Encore une fois, l’idée d’un lobby gay, de la crainte de « l’homosexualisation de la société » peut se trouver dans des images et textes d’archives depuis les années 60, pour ce qui est de la France. Bien avant qu’il y ait de fait une participation d’une frange des LGBT aux logiques nauséabondes du pouvoir, ou que de plus en plus d’images associent au fric une visibilité gay, blanche, masculine et commerciale.

Est-ce donc un problème de politiser des sujets qui découlent  de ce que la société – la française, celle dans laquelle nous vivons – avait déjà produit comme violence avant (laissons là encore de côté la discussion, entre minorités de genre et sexualité, sur les erreurs stratégiques, les perspectives et objectifs politiques pourris de telles ou telles franges) ? Et j’insiste, je n’universalise pas mon propos, je parle de la France, de ce qui est vécu en France, particulièrement par ceux des queers, pour aller vite, qui sont visibles :

  • les trans dans leur grande majorité (en particulier les femmes), car en effet changer de sexe social, modifier son apparence, cela se voit, et il n’est pas besoin de se reconnaître dans telle ou telle type de politisation pour vivre de fait de la transphobie
  • les personnes dont les « manières d’être », l’apparence, sont jugées non conformes et qui – peu importe leur sexualité réelle  – se voit assignées le stigmate de déviance
  • les personnes qui sont outées de force, ou qui pour X raisons sont connues comme homos et peuvent voir utiliser cette donnée contre eux notamment au travail (lire ce témoignage sur la manière dont le patronat peut utiliser l’homosexualité de prolétaires pour les isoler et empêcher une dynamique de contestation sur le lieu de travail).
  • les couples : le mariage, ou même le couple sans être marié, soit ce qui est vu comme l’accès à une forme de respectabilité ainsi qu’à des avantages économiques (rien de nouveau ceci dit, ils étaient déjà accessibles aux couples hétérosexuels) n’épargne pas de la violence des administrations, des voisins, des écoles s’il faut y inscrire un enfant, de l’univers médical etc…
  • les queers qui sont chassé.e.s de chez eux/elles

etc.

Par ailleurs, ces situations d’oppressions prennent encore la forme d’un partage inégalitaire des ressources économiques, les inégalités économiques entre hétérosexuels et homosexuels (d’une même classe sociale, point important à préciser) et entre cis et trans étant une réalité.

Il faut insister sur le fait que c’est cette visibilité qui en grande partie fonde l’oppression des minorités de genre et de sexualité dans ce pays, ou ailleurs dans les pays du Nord. Et vous l’aurez bien compris, ce que j’appelle visibilité va bien au-delà de ce à quoi on ressemble, même si c’est souvent important, mais comprend aussi l’ensemble des situations sociales qui révèlent qu’on n’est pas dans la norme hétérosexuelle cisgenre, et occasionnent donc un retour de bâton : discriminations à l’emploi et au logement, notamment. En effet, il existe peu de personnes qui veulent louer à des gens qui ont l’air un peu trop « transexuel » ou à un « couple de fiottes » si ces derniers n’ont pas le pouvoir de s’imposer par la force de leur porte-monnaie. Voilà pourquoi s’il n’est peut-être pas toujours possible de parler d’homophobie institutionnelle, on peut en tout cas parler d’homophobie structurelle ; la structure excédant les seules limites de l’Etat et de ses lois, et prenant en compte l’ensemble des mécanismes opérationnels dans la société contre tel ou tel groupe social. Et ces oppressions sexuelles et de genre structurelles n’ont ni eu besoin du mariage homo pour exister, et elles lui survivront comme l’attestent les exemples que j’ai cités plus haut. Par ailleurs, dans tous exemples que j’ai pris, il serait par exemple inepte de suggérer qu’il suffirait de se faire discret pour éviter le fameux retour de bâton, précisément parce que dans toutes ce situations ce n’est pas possible (à moins de suggérer qu’il ne faudrait pas transitionner ou être en couple ou famille non hétérosexuelle avant d’être dans un monde totalement égalitaire, sinon faudrait pas s’étonner si les gens prennent cela pour des provocations hein…)

De plus, le regain de haine post mariage pour tous ne peut pas être appréhendé comme quelque chose de « normal » au motif que le reste du peuple subit une offensive néo-libérale créant toujours plus de précarisation et de paupérisation, car les homos et trans font partie du peuple, et sont pour partie eux-mêmes affectés par cette régression socio-économique (à moins de considérer que ce sont tous des bourgeois blancs, ce qui nous amènerait à une autre discussion et disons-le à un autre problème). Considérer les homos et trans comme des entités extérieures à un pays, c’est à dire des groupes non concernés par la dégradation des conditions de vie d’un pays, c’est d’ailleurs une réaction en miroir de l’homonationalisme lui-même qui en prétendant justifier l’impérialisme ou des guerres, au nom (entre autres) de la défense des homosexuels, fait croire que les homosexuels du pays colonisé ou bombardé ne seront pas eux aussi affectés négativement par le colonialisme ou la guerre. En effet, déposséder un pays, le bombarder, c’est affecter tous ses habitants, qu’importe leur genre ou sexualité. Les bombes tuent des civils sans distinction entre eux. Preuve s’il en fallait que la rhétorique homonationaliste n’est rien d’autre qu’une façon de légitimer la domination de pays du Nord sur ceux du Sud. Bref, au Nord, comme au Sud, les homos et trans sont dans la société, et les non bourgeois parmi eux, subissent le poids de la violence néo libérale, et raciste le cas échéant.

Il y a aussi quelque chose d’agaçant dans le fait de sous-entendre que des opprimés, notamment minoritaires numériquement, ne devraient pas arracher (ou obtenir) une avancée (ou des miettes) avant l’abolition de l’exploitation et la fin de la pauvreté pour tous, parce qu’autrement « faudrait pas s’étonner ensuite si tout le monde les déteste ». Parce que dans ce cas-là c’est la minorité blanche bourgeoise, largement hétérosexuelle, qu’il faut détester, et pourtant c’est bien elle qui peut dormir sur ses deux oreilles. Donc lorsque des groupes concentrent sur eux les frustrations des autres, et en payent concrètement le prix, c’est à dire que la frustration s’incarnent dans des violences,  il faut certes l’analyser, comprendre le mécanisme qui l’explique, mais il n’est pas question de le minimiser ou de faire mine de le valider, parce que « bon faut comprendre  que » ceci cela. Autrement dit, on ne peut pas normaliser une oppression (si tant est qu’on considère qu’elle existe…), parce que le contexte politique serait mauvais, que les frustrations sont grandes etc. Et puis, que nous disent ces rancoeurs supposées légitimes « vu le contexte néo-libéral » quand des blancs bourgeois, notamment ceux de la Manif pour Tous ou du Printemps français les expriment eux-aussi ? C’est sûrement un rappel qu’entre la critique légitime des mouvements LGBT collabos du pouvoir et la critique des « déviants » pour ce qu’ils sont, la frontière est ténue, et qu’il n’est pas vain d’en avoir conscience quand on entreprend de s’attaquer à l’homonationalisme.

Conclusion

Pour une critique de l’homonationalisme qui évite tous ces biais, je pense que si on doit comprendre pourquoi pour quelqu’un qui ne passe pas son temps à décortiquer ces sujets, la croyance en « un privilège LGBT » existe, il faut accepter que les militants et les intellectuels ont en revanche des attentes plus lourdes qui pèsent sur eux. Ils doivent bien sûr identifier la stratégie de division et de concurrence entre opprimés qu’organise le pouvoir en se présentant, en période de crise et d’offensive politique islamophobe notamment, comme pro homo, et doivent aussi identifier les ressorts idéologiques et matériels sur lesquels cette division s’appuie et nommer explicitement contre qui en particulier elle se déploie (les musulmans d’abord, les racisés, les pays du Sud). Mais il est tout aussi urgent qu’ils prennent leurs responsabilités en :

  •  prenant notamment garde à ne pas construire comme le fait la rhétorique homonationaliste, les homosexuels (et trans) comme des sujets forcément non concernés par le désastre social actuel, et en
  • distinguant, en matière de progressisme autoproclamé, ce qui relève de la posture (rhétorique homonationaliste, droits très limités accordés), et ce qui relève des faits (marginalisation socio-économique d’une grande partie des supposés « privilégiés LGBT », stigmatisation toujours plus grande, offensive réactionnaire renouvelée etc).

Autrement dit, ne pas succomber à l’homonationalisme et à son mensonge fondateur (« nos minorités sexuelles sont libres, les vôtres sont opprimées ») tout en prétendant les combattre..


(1) Un autre biais français de la critique de l’homonationalisme est l’évacuation quasi systématique de la critique que les mouvements queer et trans, en particuliers non blancs, formulent eux-mêmes contre l’homonationalisme. On oublie même que le terme « homonationalisme » et la problématisation de cette question sont issus de la pensée académique et militante dénommée queer of color aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’en France, la critique de l’homonationalisme – encore très marginale et très discréditée – ressemble à un dialogue entre homos blancs et antiracistes non affecté.e.s par les stigmates homophobes et transphobes. Cela se voit notamment dans les choix de citations des uns et d’autres. Bref, un remake contemporain du fameux « toutes les femmes sont blanches, tous les noirs sont des hommes », devenu « tous les queers sont blancs, tous les antiracistes sont socialement hétéros », qui n’a pas l’air de gêner grand monde. En effet, ces deux pôles ne sont pas en concurrence entre eux : les queers blancs veulent être les seuls parmi les queers à tenir le haut du pavé de cette critique, et les antiracistes socialement hétéros veulent être les seuls à tenir un discours non blanc contre l’homonationalisme. On comprend pourquoi ces deux groupes ont besoin d’ignorer les versions locales (et non états-uniennes par exemple) de la critique queer et trans non blanche à l’homonationalisme. Il faut aussi ajouter que l’absence d’une telle pensée dans l’Université française joue aussi un rôle dans ce choix dans la mesure où il y a, qu’on le veuille ou non, une circulation très académique et parisienne des idées, même dans le monde militant.

(2) On peut aussi citer le biais qui consiste à se concentrer sur les conditions de production des modes de vie gay, des identités sexuelles modernes, et moins sur le modèle sexuel général, comprenant aussi les modes de vies hétérosexuels (ou hétérosociaux) dominants ou des dominés, ce qui contribue, comme les réactionnaires, mais pour des raisons différentes évidemment et même sans en avoir l’intention, à faire des questions gay, LGBT, des « problèmes », ce qu’il faut décortiquer, dont il faut comprendre « l’apparition ». Cela ne fait que renforcer l’illégitimité de ces sujets et des personnes qui les incarnent. Et c’est peut-être là une question fondamentale qui piège les analyses dès le départ : la discussion sur l’impérialisme sexuel semble avoir pris son essor avec l’apparition de son versant gay et désormais LGBT. On nomme explicitement ces dimensions de l’impérialisme sexuel – « homonationalisme » – alors que les dimensions hétérosexuelles ne sont pas explicitement nommées (personne ne parle « d’hétéronationalisme »). Ce n’est évidemment pas sans conséquence, d’un point de vue analytique, comme politique.

Horizon politique

Mars 2016

Et si finalement je ne partageais pas le même horizon politique que 80% des gens supposés proches politiquement? Le mot important est « horizon ». C’est à dire le point d’arrivée, et non le point de départ. Ce qu’on vise, ce à quoi on aspire, qu’importe là où on est pour l’instant.

Vouloir plus de trans, de noirEs (ou de non blancHEs) parmi les chefs d’entreprises, au cinéma ou en politique n’est pas la raison de mon engagement actuel, mais alors pas du tout. Le fait de rappeler constamment l’absence de ces groupes sociaux dans les sphères de pouvoir n’a pas pour but pour moi de dire « vite il faut y remédier ! Il faut plus de noirEs ou de trans ici ou là ! ». Cela me sert au contraire de preuves quant au fait que ce système a été construit contre nous. Preuves qu’on ne pourra pas inverser la vapeur en le saupoudrant d’un peu de diversité, puisque les individus à eux seuls n’ont aucun pouvoir sur les structures. Preuves qu’il faut rompre.

Au départ intégrationniste, j’ai évolué vers quelque chose qui me fait dire, avec d’autres, que c’est ce qui fonde ce système qui est un problème, et c’est donc ce fondement qui doit exploser. Cela fait environ un an que cette évolution, en gestation depuis plus longtemps encore, est devenue limpide à mes yeux. Mon horizon politique noir, trans, se situe de ce côté. Je n’ai plus d’affinités politiques avec des noirEs ou des trans pro capitalistes, même si je me solidarise d’eux, ponctuellement et uniquement ponctuellement, contre la négrophobie ou la transphobie, dans des mobilisations unitaires. Mais je ne les soutiendrai plus dans leur rhétorique, modalités de lutte, et horizons politiques néo-libéraux, au motif qu’ils sont noirEs ou trans.

Si dire ceci est reçu par des personnes comme transphobe, négrophobe, ou, dans un tout autre style, « trop radical » avec l’idée que « radical » est une insulte – ce qui est un comble – sachez que j’ai décidé que ce n’est plus mon problème. Je n’ai plus à essayer de rassurer touTEs les noirEs et touTEs les trans que je croise dans les milieux politiques quant à de supposées connivences entre nous qui en fait n’existe pas (ou plus). Se positionner politiquement, c’est aussi trancher, et pas être dans cette illusion de la cohabitation possible de toutes les idées. Là en réalité c’est de l’apolitisme. Cela ne veut pas dire qu’on doit être d’accord sur tout, mais ça veut dire qu’on doit assumer qu’il y a des points fondamentaux qui ne pourront jamais s’accorder.

Par exemple, il me semble qu’on n’assume pas toujours le poids de la différence entre des réformistes (c’est à dire ceux qui n’ont pas comme horizon le renversement du système dans lequel on est) et des révolutionnaires (c’est à dire, grosso modo, tous ceux qui, peu importe leurs désaccords stratégiques, s’accordent sur l’idée que ce système doit disparaître pour laisser place à un autre). Ce n’est pas une opposition dépassée. On dit aussi qu’il s’agit d’une opposition « binaire », mais je ne le pense pas pour ma part. Certes, se ranger dans une case « réformiste » ou « révolutionnaire » ne résout pas la question des contradictions et divergences qui traversent ces deux camps, produisant d’innombrables divisions irréconciliables d’un côté comme de l’autre. Mais il existe tout de même une opposition de fond entre ces deux tendances.

Plutôt que d’en prendre acte, on se ment souvent sur les finalités individuelles ou collectives auxquelles on aspire, parce qu’il est vrai que se positionner a un coût. Par exemple, on a le droit de ne pas être révolutionnaire, d’être intégrationniste, mais encore faut-il qu’on l’assume. Or, de plus en plus de personnes au final réformistes utilisent une rhétorique propres aux révolutionnaires (« abolition », « renversement », « révolution » etc) pour faire passer leur agenda réformiste (se battre pour et/ou soutenir le fait que les minoritaires accèdent aux réussites politiques, économiques, médiatiques du système dominant). Ce brouillage des pistes m’est de plus en plus insupportable.

Dans certains milieux, on va parler « d’abolir » le ou les systèmes d’oppression. Mais quand il s’agit d’en prendre acte en terme de priorités et de modalités d’actions, là il n’y a presque plus personne. Pire, l’intransigeance consistant à rester le plus possible fidèle à cet idéal politique qu’on professe devient une « violence », de la « prétention », tandis que la trahison quotidienne de celui-ci est normalisée1.

Bien sûr, on a des phases où on se cherche, on est en réflexion, et on ne sait pas trop où on veut aller. Il y a une pluralité « d’offres politiques » et on prend le temps de les examiner avant de se revendiquer de quelque chose en particulier. Mais ici je ne parle pas des doutes des individus lambda, ni de ce qu’ils pensent, ou de ce qu’ils font comme choix dans leur vie personnelle : je parle des choix et actions politiques concrètes qui sont menées par des gens qui assument d’être des actrices et des acteurs politiques, de milieux qui se revendiquent comme politiques avec une rhétorique révolutionnaire.

Je sais qu’on me fera l’objection suivante « tout le monde n’a pas les mêmes connaissances politiques, on doit se donner le temps de se former ». Et c’est totalement vrai. D’autant plus qu’il y a peu d’espaces dans lesquels on peut le faire collectivement. Beaucoup de milieux voulus révolutionnaires fonctionnent comme des petits clubs fermés pour des élites intellectuelles et/ou économiques, où très paradoxalement des idéaux comme le marxisme se transforment en outils de distinction. Mais il serait malhonnête de prétendre que c’est le seul problème. De multiples tentatives m’ont montré qu’il y a des milieux où de fait, cet argument du manque de connaissance est bidon : en réalité, les gens ne veulent pas prendre le temps de se former sur les questions de classe, sur le capitalisme – même pour l’aborder spécifiquement depuis la condition non blanche, ou femme, trans etc – car ça ne les intéresse pas, ou en tout cas moins que les approches libérales des questions de genre et/ou de race. Le fait que les milieux anticapitalistes soient particulièrement racistes, sexistes, transphobes ne peut pas non plus tenir lieu d’éternelles excuses. Personne ne nous oblige à être anticapitalistes « avec » eux. Soyons au contraire anticapitalistes « contre » eux.

Et puis il faut arrêter de prétendre comme je l’entends souvent que de fait la précarité matérielle oblige à être réformiste…On trouve des bourgeois, des classes moyennes ou des prolos aussi bien côté réformistes que révolutionnaires.

***

En dernière instance, mes liens avec les noirEs ou les trans ne sont pas « naturels ». En dehors du partage d’expériences qui est certes fondamental dans la construction de soi et le sentiment d’appartenance à un groupe, ces liens se construisent en définitive sur une base politique. De même que c’est le cas pour mes liens avec les autres non blancs. Idem pour mes liens avec les blancs avec qu’il est possible de converger.

Je veux m’inscrire dans une dynamique révolutionnaire qui parte de la race et qui ne soit pas sacrificielle des minoritaires numériques comme les trans qui dans leur majorité s’en prennent plein la tronche, même si cela impliquera parfois de compartimenter. Mais je ne renoncerai à rien.

Je veux m’inscrire dans ces mouvements révolutionnaires malgré leurs contradictions, divisions et autres insuffisances. Malgré mes propres contradictions. Mes propres failles. Même si je sais qu’elles me seront de temps à autre renvoyées à la figure par des réformistes qui veulent se donner des excuses et justifier leur compromission politique. Mais ce n’est pas grave, il m’arrive aussi parfois d’être malhonnête.

Je ne veux plus m’excuser d’essayer de me construire dans cette dynamique révolutionnaire. Cela veut dire, entre autres, que je n’ai plus de patience pour les demandes de visibilité politique, médiatique, cinématographique, via les structures dominantes, que nous regretterons à la minute où ils nous mettront les noirEs de service qui n’auront pas d’autres jobs que de renforcer la suprématie blanche. Je ne veux plus avoir à justifier, comme s’il s’agissait d’un problème, pourquoi des individus comme Obama, Pulvar, Sopo, Taubira et compagnie sont sans aucune ambiguïté mes ennemis politiques, pas moins dangereux que leurs collègues blancs, dans les domaines dans lesquels ils évoluent. Je refuse de d’expliquer mon désintérêt pour chaque article qui montrera qu’un ou une trans a obtenu tel poste politique dans tel pays, ou de justifier mon agacement face à des polémiques intégrationnistes comme « Oscar So White », qui en plus se déroulent aux Etats-Unis…D’ailleurs j’en ai marre de m’excuser de penser que la sur-focalisation sur les Etats-Unis est un problème, quand on sait que ce qui rend ce pays, et même ses dominés, aussi visibles, c’est sa dimension impérialiste. Et surtout, comme si c’était déplacé de dire que l’efficacité d’une lutte réside dans le fait de la penser à partir – et non pas exclusivement, mais à partir – de nos réalités locales…

Bref, je sais de plus en plus ce que je veux, ce que je ne veux pas. Et ça fait du bien. Reste à savoir quel est le « nous » dans lequel le projet auquel j’aspire va se construire.

1Par intransigeance je parle de l’effort collectif qui consiste à coller à l’idéal politique de départ, pas au fait de harceler les gens quand à leurs vies ou failles supposées..

Über die nicht-Homogenität der Trans*Kategorie, im Tod und in anderen Gewaltsformen

João Gabriell ist Afrokaribier und Trans*männlich. Auf seinem Blog schreibt er über koloniale Kontinuität und ihre Verschränkung mit Gender und Class, hegemoniale Strukturen (Homonationalismus und Femonationalismus) sowie über die materielle Unterdrückung, der die Nachfahren von kolonisierten Menschen ausgesetzt sind, vor allem die, die im Bezug auf Gender zu Minderheiten gehören (in erster Linie Trans*Menschen).

Sein Text erschien anlässlich des TDoR 2014 und wird 2016 in einer längeren Version im Band Decolonizing Sexualities bei Counterpress erscheinen.

Übersetzung: Laurence Schnitzler und Jayrôme C. Robinet

https://jayromeaufdeutsch.wordpress.com/2015/11/20/uber-die-nicht-homogenitat-der-transkategorie-im-tod-und-in-anderen-gewaltsformen/

http://maedchenmannschaft.net/ueber-die-nicht-homogenitaet-der-transkategorie-im-tod-und-in-anderen-gewaltsformen/

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Jedes Jahr am 20. November ist TDoR (Transgender Day of Remembrance). Dabei geht es darum, Trans*Menschen zu gedenken, die im Laufe des Jahres umgebracht wurden. In Frankreich werden zu diesem Anlass Mobilisierungen in verschiedenen Städten organisiert.

Über trans*diskriminierende Morde: Wer stirbt wirklich?

Die nicht-Homogenität der Kategorie „Trans*“ ist vor allem bei trans*feindlichen Morden zu spüren. In Frankreich ist es schwieriger, die Zahl dieser Morde zu kennen, da es einerseits schwer ist zu wissen, wie viele trans*Menschen es überhaupt gibt, vor allem diejenigen, die nicht die französische Staatsangehörigkeit haben. Andererseits gibt es keine so genannten ethnischen Statistiken, die bemessen würden, inwiefern ethnische Herkunft oder ethnische Zuschreibung mit anderen Faktoren verschränkt sind, die die sozioökonomische Diskriminierung von Migrant*innen und PoC mit französischem Pass beeinflußt. In den USA dagegen gibt es mehrere Studien, die ermöglichen, das Phänomen zumindest teilweise zu verstehen.

So fallen in folgender Studie des National Coalition of Anti-Violence Programs(NCAVP), die im Jahr 2013 erschienen ist, zwei Ergebnisse auf:

  • Wenn wir den Blickwinkel des Geschlechts nehmen: 53% der Hassverbrechen an LSBT Menschen betrafen im Jahr 2012 Trans*Frauen.
  • Wenn wir den Blickwinkel der ethnischen Herkunft nehmen: 73% der Hassverbrechen an LSBT Menschen betrafen PoC, vor allem Schwarze, was im US-amerikanischen Kontext nicht verwunderlich ist.

Somit wird deutlich, dass Trans*Frauen und Queers und Trans* of Color am gefährdetesten sind – bis hin zum Tod. Aber wir können diese Schlussfolgerung noch weiter verfolgen. An der Schnittstelle dieser beiden Ergebnisse bildet sich eine Kategorie genauer heraus: Trans*Frauen of Color. Wenn 73% derjenigen, die umgebracht wurden, nicht weiß sind, liegt es einfach nur daran, dass die Mehrheit der 53% Trans*Frauen, die der Gewalt als Opfer gefallen sind, nicht-weiß war, und umgekehrt.

Das sind also insbesondere Trans*Frauen of Color, die unverhältnismäßig als Opfer der Morde gefallen sind – unverhältnismäßig vor allem, wenn wir bedenken, wie viele Trans*Frauen es überhaupt in der Gesamtbevölkerung und in der „LSBT“ Community gibt. Morde, die nicht nur einen trans*diskriminierenden Hintergrund haben, sonderneiner Verschränkung von Machtverhältnissen zugrunde liegt (Armut, Gewalt aufgrund der Kriminalisierung von Sexarbeit, Erfahrung von Obdachlosigkeit, Gefängnis, usw.). Mehrere Texte befassen sich hier und da mit der besonderen Situation von Schwarzen Trans*Frauen. In Frankreich geben Mobilisierungen von trans*Frauen, insbesondere Migrantinnen und/oder Sexarbeiterinnen sowie Vereine wie ACCEPTESS-T  Auskunft über die spezifische Gewalt, die Frauen of Color trifft. All dies zeigt deutlich, wie sinnlos die Abkürzung „LSBT » ist, welche auf sehr unterschiedliche – mitunter gegensätzliche – Situationen verweist (die Integration der einen erfolgt auf Kosten der anderen). Doch wir müssen feststellen, dass der Ausdruck „Trans*Person“ ebenfalls problematisch ist.

Auch problematisch ist die geringe Vertretung von PoC, vor allem Trans*Frauen of Color oder überhaupt von Trans*Frauen im Film oder in anderen Produktionen, die im Zuge der politischen Ereignisse rund um den T-DOR – oder in anderen Bezügen – sehr stark kritisiert wurden – wie hier auf dem Blog Un bruit de grelot. Nennenswert dieses Jahr sind einige Produktionen, in denen Trans*frauen – mitunter of Color – im Mittelpunkt stehen, und die sehr interessant zu sein scheinen. So beispielsweise das Buch von Lizzie Crowdagger Une autobiographie transexuelle avec des vampires, die in Straßburg präsentiert wurde, oder der Dokumentarfilm Yo Indocumentada (den ich nicht gesehen habe), der in Nizza gezeigt wurde. Ganz zu schweigen vom Film Transamerica, der in Marseille gezeigt wurde und als transdiskriminierend gilt.

Wie dem auch sei. Auf einem breiteren Skala dürfen wir die spezifische Verletzlichkeit von Trans*Frauen of Color einerseits nicht ausblenden (bzw. wir müssen darauf bestehen, dass sie nicht ausgeblendet wird) und wir müssen sie expliziter benennen, in der Art und Weise, wie Trans*Themen politisiert werden, oder generell Themen, die Trans*Frauen betreffen, wie z.B. Morde, das größere Risiko bezüglich HIV, sexuelle Gewalt, und die spezifische Verletzlichkeit von Trans*Männern of Color anderseits, im Bezug auf Polizeikontrolle, den fehlenden Zugang zum Arbeitsmarkt, usw. Mehrere Blogs von Trans*Frauen berichten darüber: La petite murène, die in ihrem letzten Post den T-DOR stark kritisiert, oder Sortir les couteaux, u.a. Auch ich habe mich damit befasst, sowie Douille, im Bezug auf die prekären Lebensverhältnisse und die unterschiedlichen Trans*Lebensläufe. Die Auseinandersetzung mit dem Thema existiert sehr wohl, aber die Resonanz dieser Analysen scheint bisher ziemlich begrenzt zu sein.

Leider ist es eher unwahrscheinlich, dass das Bewusstsein darüber bald in bestimmten Szenen in Frankreich ankommt, wenn wir sehen, wie vor kurzem einige weiße Bourgeois ohne Moral sich die Frage der Trans*diskriminierung angeeignet haben (und dies in angeblich „politischen“ Kreisen), ungeachtet jeglicher konkreter Analyse über die Verortung der einen und der anderen in den sozialen Machtverhältnissen, insbesondere was Ausbeutung betrifft … Und deswegen ist es wichtig, die Bündnisse, die auf dem queeren Markt eingegangen werden, zu überdenken und Alternativen zu schaffen, anstatt zu versuchen die Inklusion zu erreichen oder eine bessere „Repräsentation“ in französischen queeren Kreisen oder sogar in der Trans*Gay*Dyke-Szene, wo die meisten Trans*Menschen, die in der Mitte der Gesellschaft angekommen sind, weder Frauen noch of Color sind, d.h. nicht diejenigen sind, die strukturell am Prekärsten sind (besser: leben). Dies lässt über die Gründe nachdenken, warum die queeren Szenen, die sich eigentlich im Gegensatz zur Mainstream LSBT Szene konstruieren, nicht wirklich ein echter Widerstandsherd sein können (außer symbolisch), da die meisten Trans*Menschen, die strukturell unterdrückt werden, nicht da sind oder nicht bleiben oder durch eine Reihe von mehr oder weniger expliziten Prozessen marginalisiert werden.

Auf einer globaleren Ebene der Trans*Diskriminierung: Wer sind die „trans Männer »?

Genauso wie für trans*Frauen wird die Kategorie „trans*Mann“ auch durch Verhältnisse von Race und Class durchzogen (um nur diese Kategorien zu nennen). Und deswegen ist die Behauptung, wie ich sie schon mal gelesen oder gehört habe, dass trans*Männer „im Allgemeinen“ über Privilegien gegenüber Transfrauen „im Allgemeinen“ verfügen, im Grunde im Trans*Kontext die gleiche Scheiße ist, wie der cis weiße Feminismus seit über einem Jahrhundert sie macht. Und zwar, zu beschliessen, dass eine Frau an sich immer mehr unterdrückt und ausgebeutet ist als ein Typ, auch wenn die Frau Chefin ist, oder Führungskraft, und der Typ Schwarz ist und das Klo putzt, ohne Arbeitsvertrag, ohne Papiere, wie viele Migrant*innen …

Wenn also von männlichen Privilegien gesprochen wird, die bei der Transition erhalten werden, von wem wird dann gesprochen?

Und vor allen Dingen, wem gegenüber sind diese Privilegien denn wirkmächtig? Was kann das „passing“ jemanden verschaffen, der ein Mann of Color wird? Die Möglichkeit im öffentlichen Raum nun mehr racial profiling zu erleiden, nun, wo er als nicht weißer Mann gelesen wird, statt der sexistischen und rassistischen Belästigungen, die er ertragen musste, als er als Cis-Frau gelesen wurde?!

Noch mehr abgewiesen werden bei Vorstellungsgesprächen, da anstatt ihn für eine Person zu halten, die ihr Geschlecht anpasst, wie es bei einem Weißen der Fall wäre, bei einem Schwarzen oder Araber, dessen Ausweis oder Pass nicht mit seiner Identität übereinstimmt, dies sicher bedeutet, dass er keine Papiere hat? Ich muss zugeben, welch ein Glück!

Das „Passing“, welches für trans*Männer eher zugänglich ist, als für Trans*Frauen, unter anderem wegen engeren normativen Einschränkungen zur Konformität für Frauen (es ist noch „problematischer“ und „sichtbarer“ laut dieser Normen, eine große Frau zu sein, als ein kleiner Mann z.B.) ist kein Privileg wenn man eine Person of Color ist: Dieses Passing erlaubt dem Trans*Mann of Color nur ohne Gender – Zweideutigkeit , als der Mann of Color wahrgenommen zu werden. Das heißt als der potentielle Straftäter, Kriminelle, Dieb, Vergewaltiger, Terrorist, ohne Papiere abhängig davon wie wir aussehen, unseres Namens usw. Inwieweit ist es ein Privileg dieses „Passing“ zu haben? Schlimmer noch; es bedeutet ein Mann of Color zu sein aber mit noch mehr Problemen, da da wo Schwarze und Araber Cis Männer Ressourcen und Räume innerhalb der Community haben um die Gewalt abzufedern und von den Communities verteidigt zu werden, wir, Trans*Männer of Color, nichts von alledem haben.

Die unbequeme Position von Trans*Männern of Color kann also wie folgt zusammengefasst werden:

  • Wenn wir laut der herrschenden Normen kein „gutes Passing“ haben, werden wir Genderabweichungen zugeschrieben („maskuline Frauen“, „Lesben“, „Androgyne“, „Travestiten“ usw.), gepaart mit der bereits sichtbaren der ethnischen Zuschreibung, die einen* der Gewalt aussetzt.
  • Wenn wir, immer noch auf der Basis derselben Normen, ein „gutes Passing“ haben, werden wir der Position des Mannes of Color zugeschrieben, der Gewalt ausgesetzt ist aber mit weniger Ressourcen als Cis Männer of Color.

Es ist also im einen wie im anderen Fall klar, dass ein trans*Mann of Color sein keine Zonen von Unsichtbarkeit ermöglicht und somit potentieller Ruhe, in der Welt des weißen Patriachats. Auch wenn dies nicht nihilieren soll, dass trans*Frauen of Color mehr Gewalt – und unter anderem mörderischer Gewalt – ausgesetzt sind, so wird doch klar, wie sinnlos es ist von trans*Männern „generell“ zu sprechen, als wären es Menschen, die Räume von Unsichtbarkeit verhandeln können, wie weiße trans*Männer es können. Vor allem wenn sie nicht aus dem Proletariat kommen und in mehr oder weniger eingeschränkten Kontexten, je nach Fall, der „weiße Mann“ werden können, also derjenige, der von der Neutralität des Gender und Race Privilegs profitiert.

Eher als, wie im weißen cis Feminismus, zu entscheiden, dass ein Sprechakt eines Mannes of Color, besonders eines trans*Mannes, zwangsläufig ein dominanter Sprechakt – und damit ein x-ter Ausdruck der hegemonialen Maskulinität – ist, muss daran erinnert werden, dass soziale cissexistische Verhältnisse sich in einem patriarchalem, rassistischem und kapitalistischen Kontext einschreiben, wo Männer of Color tatsächlich nur von maskulinen Privilegien gegenüber Frauen ihrer Klasse/Race profitieren, in welchem Fall nicht geleugnet werden kann, dass sie Macht über sie haben. In einem Trans*Kontext ist es so, dass im Gegensatz zu Weiblichkeiten of Color, die Situation von Männlichkeiten of Color weit besser ist und es ist in diesem Kontext, dass Genderprivilegien offensichtlich greifen.

Zusätzlich kann die höhere Attraktivität selbst der weißen trans*Männlichkeiten, auf dem queeren Markt, angesprochen werden, die sich auf einer krassen Ablehnung der trans*Feminitäten basiert, auch der weißen.

Ich möchte jedoch anmerken, dass ich, was Rassismusprobleme angeht weit mehr Cis – Verbündete of Color hatte als weiße Trans*. Alles hängt von dem Kontext ab, indem der Platz der weißen Trans*Frauen, der Trans*Männer of Color und deren Verhältnis untereinander analysiert und dies ohne die besondere Position von Trans*Frauen of Color unsichtbar zu machen.

FAZIT: An eine reelle systemkritische Politik denken, ausgehend von einer Trans*Positionierung

Um reelle Politiken zu entwickeln, die die Lebensverhältnisse der prekärsten Trans* verbessern sollen, müssen also folgende Dinge beendet werden:

  • Der Ausdruck „Trans*Mensch“ der alles mögliche einschließen kann und anfällig ist für Instrumentalisierungen (oder der Begriff muss klar eingegrenzt werden können).
  • Die Idee von Kämpfen gegen Trans*Diskriminungen, die von materiellen Herausforderungen losgelöst sind und die, die Trans*Diskriminierungen wie eine Ignoranz auffasst, die durch Erziehung, ein gutes Image und mit Gesetzen wie gegen Rassismus, theoretisch Diskriminierungen verbieten würde (ohne dass das jemals etwas am systemischen Rassismus geändert)

1) Wenn wir über « Trans-Menschen » reden, blenden wir dabei aus, dass einige Menschen aus der Kategorie „Trans“ Privilegien haben und andere werden benachteiligt, oder sogar die Tatsache, dass einige aus der Kategorie « trans » ausbeuten und andere ausgebeutet werden. Es sieht so aus, als würde es reichen, sich als Trans* zu identifizieren, um sich auf magische Weise den sozialen Machtverhältnissen zu entziehen, von denen die einen oder anderen trans*Personen eigentlich profitieren können, manchmal sogar auf Kosten von anderen trans*Menschen. Es ist eine Bezeichnung, die all denjenigen, die nicht weiße TransMänner aus der Mittelschicht, Oberschicht oder Bourgoise sind, schadet. Dass der Begriff « Trans-Person » auch von trans*Frauen und Queers of Color verwendet wird, schliesst nicht aus, dass dieser Begriff uns schadet.

2) Wir müssen die trans*Thematik, genauso wie andere Thematiken (Frauen, nicht-Weißen, etc.) in Bezug auf die ungleiche Verteilung der sozioökonomischen Ressourcen und der Lebenschancen denken, nicht nur der Cis*Kategorie gegenüber, sondern auch unter Trans*Menschen selbst. Transphobie muss als eine der Komponenten betrachten werden, die gekoppelt mit anderen Komponenten, die Grenze zwischen denen ziehen, die besitzen oder eben enteignet werden, zwischen denen, die leben und die, die sterben werden, im Vergleich ja zu cis*Menschen, aber auch zu Trans*, weil, noch einmal, wir nie nur Trans* sind. In der Tat, abgesehen vom Trans*sein, gehören wir zu anderen Gruppen, als Unterdrücker_innen oder Unterdrückten, und die Entwicklungen dieser Gruppen einen Einfluss, positiv oder negativ, auf unsere Zukunft als Trans* haben. Wir dürfen auch nicht vergessen, dass wir in einer Welt leben, in der das Prinzip der ungleichen Verteilung von Ressourcen und Lebenschancen wirkmächtig bleibt, so dass die Bereicherung oder Verbesserung der Existenz einiger auf Kosten der Prekärisierung von Anderen erfolgt.

Von daher: Um die Formen eines politischen Protests aus  Trans*Perspektive und unter Berücksichtigung von Patriarchat, Rassismus und Kapitalismus herauszubilden, stellen wir uns einfach folgende Fragen:

  • Wer wird ärmer nach einer Transition?
  • Wer hat keinen Zugang zu Trans*Solidaritätsnetzwerken?
  • Wer hat Zugang zu diesen Netzwerken aber unter bestimmten Bedingungen (zum Beispiel: nicht zu viel auf Rassismus oder Sexismus hinzuweisen) und kann ausgeschlossen werden, wenn diese „Bedingungen » nicht eingehalten werden?
  • Wer wird entweder exotisiert und marginalisiert oder aus den Räumen von Trans* / queeren Geselligkeit und_oder Konsum ausgewiesen?
  • Wer kann es sich leisten, in großen, öffentlichen, voyeuristischen TV-Sendungen „ein gutes Bild von Transidentität“ zu geben?
  • Bei wem wirkt sich Trans*sein negativ auf den Zugang zum Arbeits- oder Wohnungsmarkt aus?
  • Wer kann nur innerhalb von „LSBT“ oder „queeren“ Communities einen Job finden und ist daher anfällig_er für die Ausbeutung, die innerhalb dieser Communities stattfindet?
  • Wer kann hingegen von der Entwicklung eines „LSBT“ oder „queeren“ Verbrauchermarktes finanziell profitieren?
  • Welche Trans*Personen können nicht einfach in die Apotheke gehen, um sich Hormone zu besorgen, und gehen daher mehr Risiken ein?
  • Wer muss betteln, um chirurgische Operationen zu bezahlen und kann daher explizit oder implizit dazu aufgefordert werden, bei  Leuten dankbar zu sein, die in « Polit-Kreisen » ökonomisch dominant sind?
  • Wer kann sich aussuchen, OPs im Ausland mit dem_r Operateur_in seiner_ihrer Träume zu machen?
  • Wer wird, egal was passiert, das Bild der gewaltvollen, aggressiven und gefährlichen Person  in « Polit-Kreisen » auf sich nehmen müssen?
  • Wer kann eine Transistion machen und dabei auf die Ursprungsfamilie verzichten, emotional und finanziell?
  • Wer darf nach der Transision nicht mehr ins Heimatland zurück?
  • Wer kann von einer Trans*Agenda die integrierend, rassistisch und in perfekter Wechselwirkung mit dem Neoliberalismus funktioniert, profitieren?
  • Für wen ist Personenstandsänderung = das Ende der Scheiße?
  • Für wen bedeutet eine Transition, auf dem Beziehungszirkus der angeblich alternativen, in Wirklichkeit aber ziemlich mondänen Szenen, begehrbarer zu sein?
  • Für wen bedeutet die relative Berücksichtigung der Trans*Thematik an Universitäten, auf Tagungen, Konferenzen, Seminaren, Zeitschriften usw. tatsächlich einen Fortschritt im persönlichen Leben?
  • Wer macht eine Transition, um « Gender zu dekonstruieren »?
  • Wer kann es sich leisten, im Namen des « Undoing Genders » – also der « Genderdekonstruktion » – « zu entscheiden« , kein « Passing » zu haben?
  • Wem bringt eine Transition mehr Gewalt im öffentlichen Raum mit sich?
  • Für wen bedeutet eine Transition, anfälliger für sexualisierte Gewalt zu werden?
  • Wer muss auf den Strich gehen, rauben und / oder Drogen verkaufen um zu leben?
  • Wer wird in überwiegend von weißen Menschen besetzten Häusern, marginalisiert und toleriert (nach dem Zufallsprinzip, solange die Person nicht zu viel auf Rassismus hinweist)?
  • Wer ist bei Trans*Märschen wie Existrans am meisten willkommen, diejenigen, die ausbeuten oder diejenigen, die ausgebeutet werden?
  • Wer wird auf der Straße leben?
  • Wer wird während einer Demo am meisten Probleme haben, wenn die Bullen entscheiden, Maßnahmen zu ergreifen?
  • Wer ist anfälliger für HIV?
  • Wer wird von der Idee profitieren, dass der Kampf gegen Trans*Feindlichkeit und  -Diskriminierungen darin besteht, die Liste der Verbrechen im Gesetz zu erweitern?
  • Wer kann bei der Polizei Unterstützung finden?
  • Wer profitiert von der Tatsache, dass die westlichen Staaten und die homo und trans* Mainstream Bewegungen den Kampf für die „Rechte sexueller Minderheiten und trans*Rechte » gegen Nicht-Weiße konstruieren?
  • Wer wird ins Gefängnis gehen?

Wer stirbt massiv, weil Trans*?